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Le piège de la dette publique

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Alain Dumait
Le mardi 6 juillet dernier, le ministre du Budget François Baroin présentait à l’Assemblée Nationale les orientations budgétaires du gouvernement pour la période 2011-2013.

Il a confirmé que la consigne était désormais un gel en volume des dépenses publiques. C’est exactement ce que notre association réclame depuis dix ans…

(Si nous avions appliqué cette règle depuis 10 ans, le budget de l’Etat serait en excédent, au lieu d’être en déficit de quelque 142 milliards en 2009. L’année dernière 40% des dépenses de l’Etat n’étaient pas financées, si ce n’est par l’emprunt).

Mais ce gel comportera deux exceptions : les pensions de retraites prises en charge par le budget, et les dépenses liées aux remboursements d’emprunts.

S’agissant du coût des pensions, on sait qu’elles représentent le tiers de la charge financière d’un fonctionnaire. Pour stabiliser ce poste, il faudrait donc réduire fortement le nombre des fonctionnaires actifs, ou modifier le statut des nouveaux recrutés. Avec le non-renouvellement d’un départ de fonctionnaire sur deux, on est très loin du compte…

S’agissant du coût des emprunts, pour financer une dette qui approche les 1600 milliards d’euros, il est prévu que sur les trois années considérées, l’augmentation annuelle sera de  9%. Et encore, à condition que les taux d’intérêt augmentent modérément.

A noter : les emprunts d’Etat sont remboursables in fine. Contrairement aux prêts des particuliers, ils  ne sont pas «amortissables». Chaque année l’emprunteur paye des intérêts à ses prêteurs (ce sera 44 milliards d’euros en 2011 et 57 en 2013). Et quand ce prêt arrive à échéance, il en souscrit un nouveau pour rembourser l’ancien. C’est la raison pour laquelle l’Etat français devra cette année trouver plus de 300 milliards d’euros sur les marchés financiers. Près d’un milliard par jour…

Désormais, la charge de la dette est deux fois plus lourde que le budget de la recherche et des universités ; dix fois plus importante de le budget de la justice !

Les limites de la mauvaise gestion sont franchies !

La situation sera bientôt hors contrôle : si la croissance mondiale est insuffisante, les recettes fiscales stagneront, et si  la croissance est plus forte ce seront les taux d’intérêt qui renchériront la dette…

La situation de la France n’est plus très éloignée de celle de la Grèce, du Portugal ou de l’Espagne, pour ne considérer que trois pays ayant l’euro pour monnaie.

Il n’y a pas d’autre solution que de commencer à démanteler un Etat-providence que nous n’avons plus les moyens de supporter financièrement. C’est d’ailleurs ce à quoi doit se résoudre le nouveau gouvernement britannique.

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