Le programme électoral de l’UMP, dont François Fillon est l’auteur principal, promettait de « réformer les régimes spéciaux de retraite (dont celui des fonctionnaires) dans un souci de justice et d’équité ». Conformément à ce programme, François Fillon annonçait dans le Figaro du 29 janvier 2010 : « Aucune question n’est taboue. Celle du calcul de la pension sur les six derniers mois de salaire dans la fonction publique (au lieu de la moyenne des 25 meilleures années comme dans le régime général) se pose évidemment ». FO déclarait aussitôt : « C’est le déclenchement des hostilités (…) On va mettre toutes nos forces dans la bataille avec s’il le faut des grèves de plusieurs jours ». La CGT, la CFTC, la FSU et Solidaires y voyaient comme FO une « remise en cause du statut » des fonctionnaires. « On sera vent debout. Les six mois ne sont pas négociables » déclarait la CGT. « Tous les éléments sont réunis pour que les mouvements repartent et prennent de l’ampleur » annonçait Jean-Marc Canon (CGT). « Toucher aux six mois, c’est aboutir à une baisse importante du montant des pensions » dénonçait l’Unsa. La CFTC, par la voix de Pascale Coton, sa secrétaire générale adjointe, était plus précise : calculer la retraite des fonctionnaires sur la moyenne des 25 meilleures années « ferait chuter les pensions de 40 % »« . Le 3 mars, Eric Woerth déclarait : « Les six mois, c’est un sujet qui fâche, donc je ne sais pas s’il faut le mettre sur la table ». Le 22 mars il était nommé ministre du Travail. La question du montant des pensions des fonctionnaires n’était plus abordée. Le ministre allait jusqu’à déclarer : « les fonctionnaires (…) ont la même retraite, un petit peu plus même que les salariés du privé ». Or le calcul des pensions sur les six derniers mois n’est qu’un des avantages, parmi bien d’autres, du régime de retraite des fonctionnaires. Alors qui a raison ? Le ministre, qui nie la différence de montant des pensions, ou la syndicaliste de la CFTC, qui l’évalue, pour le seul calcul sur les six derniers mois, à 100/60 soit 67 % de plus pour les fonctionnaires ?
La réponse est facile à connaître car deux rapports officiels ont donné récemment les montants moyens des pensions dans les différents régimes de retraite (a). Le deuxième rapport est plus complet que le premier, donnant non seulement les pensions moyennes par catégorie de retraités mais aussi les pensions moyennes des nouveaux retraités de l’année. Les chiffres des deux rapports sont quelque peu différents. Mais ils aboutissent à des conclusions proches : la moyenne des pensions des fonctionnaires de l’Etat est environ le double de la moyenne des pensions du régime général et supérieure de 59 % à 76 % si l’on corrige cette moyenne en tenant compte du fait qu’il y a plus de cadres dans la fonction publique, en particulier parce que les enseignants y sont cadres. On voit aussi dans le tableau ci-dessous que les bénéficiaires des régimes spéciaux sont encore plus privilégiés, d’autant plus qu’ils partent plus tôt en retraite que les fonctionnaires.
Car le montant des pensions n’est pas le seul élément de la comparaison des régimes. Il faut aussi tenir compte de l’âge effectif de départ à la retraite. Le rapport du COR donne 61,6 ans pour le régime général et 58,7, soit 2,9 ans plus tôt, pour les fonctionnaires civils de l’Etat (les militaires prennent leur retraite en moyenne 15 ans plus tôt). Le rapport de la DREES donne 61,6 pour le régime général et 58,3 pour les fonctionnaires de l’Etat, soit 3,3 ans plus tôt.
Ainsi est confirmé ce que Nicolas Sarkozy déclarait le 1er mars 2010 à Laon : « En tant que chef de l’Etat, mon devoir c’est de défendre la fonction publique ». Les privilèges seront maintenus car ils sont bien défendus, jusqu’au sommet de l’Etat.
Articles similaires :
- Subventions inscrites au budget de l’État pour 2010 pour les régimes spéciaux de retraite
- Les retraites des régimes spéciaux coûtent 70 milliards d’euros par an et sont en moyenne d’environ le double de celles du privé
- Scandale : les fonctionnaires continueront d’être mieux traités pour leur retraite que les salariés du privé !
- « Il nous est interdit de faire l’impasse sur la réflexion à mener pour harmoniser les règles en vigueur dans les régimes spéciaux avec celles applicables aux fonctionnaires. »
- Dunkerque : les privilèges des fonctionnaires de la communauté urbaine
















[...] Lire cet article [...]
Plein le C.. M. Le Président de cette protection de vos fonctionnaires!!
Cherchez-vous a ce que les privé descendent dans la rue avec les fourches et vous pendent vous, et vos ouailles de fonctionnaires, par les Couilles.!!
Elle est belle la France que vous avez construite depuis trois ans!!
Vous feriez mieux de démissionner car votre politique est a la hauteur de votre petite taille, c’est a dire pas grand chose.
Monsieur Anglade.
Je suis fonctionnaire titulaire de catégorie A. J’ai fait le choix d’entrer dans la fonction publique il y a 35 ans, ne vous déplaise, grossier personnage que vous êtes. J’y suis entré sur concours, dans un cadre parfaitement défini par le Journal Officiel de la République Française. Si le statut de fonctionnaire est tellement la panacée, tentez toujours de vous présenter aux concours de la fonction publique. La jalousie vous égare. Quoi qu’il en soit, restez correct. Il existe de très bons cours du soir, parfaitement graQuant à vos fourches, monsieur , faites attention de ne pas vous la ramasser vous-même.
Monsieur Anglade.
Je suis fonctionnaire titulaire de catégorie A. J’ai fait le choix d’entrer dans la fonction publique il y a 35 ans, ne vous déplaise, grossier personnage que vous êtes. J’y suis entré sur concours, dans le cadre parfaitement défini par le Journal Officiel de la République Française. Si le statut de fonctionnaire est tellement la panacée, tentez toujours de vous présenter aux concours de la fonction publique. La jalousie vous égare. Quoi qu’il en soit, restez correct. Il existe de très bons cours du soir, parfaitement gratuits, où vous apprendrez les rudiments du savoir vivre.
@ Michel ,
Le propos d’Anglade est un peu rude , mais nous avons actuellement 1.6 million de fonctionnaires de + qu’en 1986 …S ommes nous mieux gouvernés …la crise actuelle , qui manifestement se développe est l’occasion rêvée de diminuer le pouvoir de l’état en établissant un état régalien avec uniqueemnt des fonctionnaires pour justice , armée , police , fisc , les autres ministères , coll locales , hospitaux étant éligibles au cdi ( privatisation de l’éducation nationale et bon scolaire) …que vous ayez passé un concours il y a 35 ans et que vous soyez tjrs employé de l’état montre , à plus soif , l’étendue du pb puisuqe vous êtes quasi propriétaire du poste que vous occupez et payé par nos sous , quelque soit la conjoncture ( je me perd en conjectures ) économiques …le fonctionanire hors régalien est le pb pas la solution !!!
Monsieur Volna.
Les propos de Monsieur Anglade ne sont absolument pas « un peu rudes », mais vraisemblablement d’une rare incorrection. Comment qualifiez vous des propos salaces tels que « …dans la rue avec les fourches et vous pendent vous, et vos ouailles de fonctionnaires, par les Couilles.!! » Que c’est élégant. Ce ne sont à priori que de pures insultes, qui ne sauraient entacher que celui qui les profère…
De toute évidence, vos arguments tentent – sans résultat cependant – de culpabiliser ceux et celles qui, comme moi, ont fait le choix d’intégrer la fonction publique. Les concours de l’état sont parfaitement officiels. J’ai parfaitement eu le droit (ce mot existe dans la constitution) de m’y présenter, ne vous déplaise. Enfin, je n’ai en mon âme et conscience ni ordre ni conseils, encore moins de critique, voire d’insulte à recevoir de quiconque.
@ Michel,
L’argument du concours, comme celui du nombre d’années d’études (après le bac, comme si avant ça ne comptait pas) est toujours avancé. Ne croyez vous pas que les salariés du privé ne concourent pas, d’une certaine manière, pour obtenir un emploi? Et leur emploi peut être remis en cause, de même que leur niveau, s’ils ne sont pas performants. Les non-salariés, eux sont soumis en permanence à un autre concours: le marché, la concurrence, le jugement des clients!
Monsieur Cultilandes,
Certes, je connais bien le problème, ayant précédemment moi-même travaillé dans le privé. J’ai concouru moi aussi à l’époque de nombreuses fois pour obtenir enfin un emploi dans une moyenne entreprise. Ensuite, j’ai choisi de tenter d’intégrer la fonction publique, tout simplement, en tout bien tout honneur.
Je connais aussi le cas des non salariés, notamment les risques qu’ils encourent. C’est à la base une question de choix. Vous avez fait les vôtres, j’ai fait les miens. Ceci n’a pas à générer des insultes de bas niveau telles celles que l’on peut lire de la part de certaines personnes indélicates.