Le Cri du Contribuable

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Royaume-Uni : du sang, de la sueur et des larmes ?

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David Cameron
Le Premier ministre britannique, David Cameron, laisse entendre dimanche dans le Sunday Times que les prévisions de croissance seront révisées à la baisse et que les mesures d’austérité porteront notamment sur les dépenses sociales et la masse salariale dans la fonction publique.
Selon les extraits d’une interview diffusés tard samedi soir par le journal, Cameron explique que la projection de croissance du gouvernement travailliste de Gordon Brown (un PIB en hausse de 3% en 2011) pose de « sérieux problèmes ».
« Il existe une énorme accumulation de dettes que nous devons gérer. Croiser les doigts, attendre la croissance et espérer que la situation s’améliorera n’est absolument pas une option », poursuit-il dans cette interview.
Sous le poids des mesures de soutien à l’économie, de la baisse des recettes fiscales et de l’augmentation des prestations sociales, le déficit budgétaire de la Grande-Bretagne a explosé, atteignant en 2009 11% du PIB, soit 156 milliards de livres (188 milliards d’euros).
Baisse des crédits d’impôts pour les familles
« Il nous faut nous attaquer au coût massif des dépenses sociales. Il nous faut nous attaquer au coût de la masse salariale dans le secteur public. Il nous faut nous attaquer à la masse bureaucratique qui s’est construite au cours des dix dernières années », souligne Cameron, qui a ramené le Parti conservateur au pouvoir après treize années de pouvoir travailliste.
« Sinon il nous faudra réduire des dépenses dans tous les domaines, ce que l’on ne veut pas faire. Il nous faut nous attaquer aux secteurs où nous vivons au-dessus de nos moyens », poursuit-il.
Le Sunday Times précise que les mesures à l’étude portent ainsi sur une réduction des crédits d’impôts dont bénéficient les familles avec enfants et sur un gel des salaires dans la fonction publique et des prestations sociales.
Un « difficile périple »
David Cameron ajoute qu’il se fera pédagogue pour expliquer à l’opinion pourquoi ces mesures sont nécessaires.
Le Parti conservateur souligne depuis des mois que les dépenses publiques doivent être jugulées pour éviter que la note de la dette souveraine britannique, actuellement au niveau maximum AAA, ne soit dégradée, ce qui aurait pour conséquence de renchérir le coût des emprunts d’Etat.
« L’art de gouverner correctement, c’est prendre les bonnes décisions et d’en expliquer l’objectif à la population, au-delà de la souffrance (…) Nous allons devoir embarquer l’opinion avec nous dans ce difficile périple », dit encore Cameron.
Le ministre des Finances, George Osborne, doit présenter le 22 juin prochain un collectif budgétaire qui mettra en oeuvre ce programme de rigueur.

Le nouveau Premier ministre britannique, David Cameron, a déclaré dans le Sunday Times d’hier qu’il devrait tailler dans les dépenses sociales et dans la masse salariale de l’administration britannique, qui vit « au-dessus de ses moyens » selon Cameron.

Parlant de « difficile périple » pour qualifier cette politique de rigueur, rendue incontournable avec la menace de dégradation qui pèse sur la note de la dette souveraine britannique, Cameron explique que « l’art de gouverner correctement, c’est prendre les bonnes décisions et en expliquer l’objectif à la population, au-delà de la souffrance ».

Un discours qui n’est pas sans rappeler celui de Winston Churchill lors de son arrivée au 10, Downing Street en 1940, qui promettait « du sang, de la sueur et des larmes ».

Seul problème : parmi les baisses de dépenses envisagées, Cameron propose une réduction des crédits d’impôts… c’est-à-dire une augmentation de ceux-ci. L’absurde notion de « dépense fiscale » a donc traversé la Manche.

N’est pas Churchill qui veut.

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