Jean-Philippe Feldman, professeur agrégé des facultés de droit, plaide pour la levée des barrières protectionnistes sur les produits agricoles, dans le Figaro d’aujourd’hui, mercredi 10 mars 2010
« Bilan mitigé pour le Salon de l’agriculture qui a fermé ses portes dimanche dernier. Succès populaire comme de coutume, il a été le réceptacle de doléances appuyées de la part des agriculteurs qui ont mis en exergue une importante contraction de leurs revenus l’année dernière. À vrai dire, la situation est plus contrastée car la baisse concerne avant tout les producteurs de céréales, de fruits ou de lait. Il n’en demeure pas moins que la part de marché de la France dans les exportations agricoles et agroalimentaires a chuté de 9 à 5 % entre 1990 et 2008. Quelles sont les solutions le plus souvent proposées pour remédier à cette préoccupante situation ? Il faudrait limiter l’instabilité des prix agricoles, clame le ministre de l’agriculture, Bruno Le Maire. Il conviendrait d’infléchir la politique agricole commune (PAC) pour permettre la régulation des cours, selon le président de la FNSEA. Il s’agirait, comme l’a exposé Nicolas Sarkozy samedi lors de sa venue au Parc des expositions de Paris, de mettre en oeuvre une nouvelle PAC fondée sur des prix régulés et la préférence communautaire. Loin d’être des remèdes, nous pouvons craindre que ces propositions aggravent le mal dont souffrent beaucoup de nos agriculteurs. Si l’on met en cause la volatilité des prix agricoles, c’est que (au-delà du fait qu’il soit naturel que les prix varient sur un marché !) le commerce mondial est trop étroit. Du fait des barrières protectionnistes, moins de 15 % de la production agricole s’échangent sur le marché international ! Dans les pays de l’OCDE, le taux moyen des droits de douane s’élève à 60 % sur les produits agricoles contre 5 % seulement sur les produits industriels ! Les subventions représentent environ 70 % des revenus de nos agriculteurs pour le plus grand malheur des contribuables français et communautaires, mais surtout de la plupart des agriculteurs euxmêmes, appauvris par la PAC. La solution passe donc par l’ouverture des frontières. La France devrait peser sur les négociations en cours de la PAC afin que le marché se libéralise, alors même que la position de nos autorités jusqu’ici a été la plus protectionniste qui soit.
Par ailleurs, le marasme qui touche nos producteurs, et tout particulièrement de nombreux producteurs de fruits, de lait et de vin, vient entre autres du fait que le coût du travail en France est pénalisant par rapport à celui de nos voisins espagnols et même allemands. Grevée de charges sociales et de taxes, la France perd peu à peu son rang de grande puissance agricole. Nos gouvernants commencent à en prendre de plus en plus conscience et ce n’est pas un hasard si le chef de l’État vient d’annoncer au Salon de l’agriculture la suppression des charges sociales patronales sur les travailleurs saisonniers. Mais le problème est envisagé par le bout de la lorgnette et seule une optimisation profonde de notre sécurité sociale sera de nature à le résoudre.
Nicolas Sarkozy avait martelé dans un discours en octobre dernier que les agriculteurs étaient avant tout des entrepreneurs. Il y a encore insisté lors de ses propos samedi. Des déclarations d’autant plus judicieuses que nos agriculteurs se trouvent souvent réduits au rôle frelaté de gardiens de notre bonne mère Nature, eux qui travaillent la terre et transforment nos territoires depuis des millénaires. Mais pour qu’ils puissent prospérer en tant que chefs d’entreprise, encore faut-il qu’on les laisse respirer ! À une agriculture encadrée, réglementée, subventionnée, assistée doit se substituer une agriculture enfin libérée de ses entraves. »
À cet égard, il ne saurait y avoir de réforme efficace de l’agriculture sans rétablissement plein et entier du premier des droits de l’homme : le droit de propriété. Les règles du droit rural (statut totalement déséquilibré du fermage, droits excessifs et pratiques abusives des Safer, fiscalité pénalisante, etc.) viennent en effet dénier aux propriétaires le droit d’acheter, de cultiver, de louer et de vendre librement ! La garantie du droit de propriété est la solution trop souvent méconnue aux difficultés de nos agriculteurs et au découragement des propriétaires fonciers, comme à l’excès de pollution et au gaspillage des ressources. Nos parlementaires seraient bien inspirés de s’en souvenir au moment où le Parlement doit se prononcer sur le projet de loi de modernisation de l’agriculture et de la pêche. (* )Vient de faire publier « La famine menace-t-elle l’humanité ? », collection « Idées fausses, vraies réponses », Lattès. »
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A dix ans, j’étais derrière le cul des vaches et avec un revenu annexe de mon père, maçon, nous vivions à 10 avec 3 vaches et un lopin de terre louée et non confisqué. Maintenant avec 100 hectares, impossible de vivre ! La FNSEA a tué l’agriculture aussi surement que l’ANPE a condamné l’emploi. Il y a 50 ans l’agriculture employait 4 millions de bras maintenant pour faire pisser les vaches et les cultures l’agriculture ne représente guère plus que 1 % de la population mais englouti toutes les subventions Européennes (enfin si l’on considère que la Reine d’Angleterre, le roi du Maroc, le Prince Reignier ou Dassault sont des agriculteurs)
La Nouvelle Zélande est devenue le premier exportateur de viande ovine, elle a une production laitière et fromagère significatives dès que la liberté a été donné aux paysans, TOUTE subvention supprimée et les transports augmentés de 45 %. Maintenant avec 3 présidents au lieu de trois va t’on comprendre que l’Economie doit imposer ses lois à l’Euro et non l’inverse et que chacun doit pouvoir vendre son produit à un juste prix avec moins de charge possible
La France doit produire pour elle même. Les Français doivent manger français. Nous avons largement de quoi nous nourrir nous-même et permettre aux paysans de vivre. Les paysans doivent aussi revenir à une agriculture propre et refuser de polluer leur terre si ils l’aiment vraiment. Paysans et consommateurs doivent s’organiser pour court-circuiter les intermédiaires, en fondant leur propres coopératives de vente directe. Et ne plus rien attendre de Bruxelles.
monsieur Jean-Philippe Feldman je vous propose de liberaliser votre salaire au » cours mondial « ; on pourrait aussi calculer votre niveau de prime necessaire pour vivre en france ?????