Dans une adresse à leurs lecteurs, les quotidiens nationaux dénoncent la prise d’otage dont ils sont régulièrement victimes de la part du Syndicat du Livre, qu’ils accusent de contribuer au déclin de la presse quotidienne française.
« Qui veut la mort de la presse quotidienne française ? « , pour reprendre le sous-titre du livre d’Emmanuel Schwartzenberg, paru en 2007*. L’auteur de ce brulôt, journaliste économique et politique, spécialiste des médias, fut l’un des rares à oser mettre les pieds dans le plat en dénonçant la responsabilité du Syndicat du Livre dans le déclin de la presse quotidienne française et son incapacité à se renouveler, à la différence de ses voisins européens.
Mais pour les quotidiens français, à nouveau victimes hier d’un blocage des syndicats (le quatrième en moins d’un an !) la coupe est pleine. Dans une adresse à leurs lecteurs, les dirigeants et éditeurs du Figaro, Aujourd’hui en France, La Croix, Les Echos, L’Equipe, France Soir, L’Humanité, IHT, Le Journal du Dimanche, Libération, Le Monde, Paris Turf, La Tribune, accusent : « Une nouvelle fois, le seul SGLCE, fraction du syndicat du Livre CGT, a pris en otages les quotidiens nationaux dans un conflit lié à un problème d’organisation interne à Presstalis (ex-NMPP), société en charge de la distribution de ces quotidiens. »
Et les signataires n’y vont pas de main morte, dévoilant au grand jour ce qu’il était jusque là difficile de dire, compte-tenu du pouvoir de blocage du Syndicat du Livre : « Ce syndicat, sous couvert de défendre ses intérêts, contribue en fait à aggraver encore la situation déjà très préoccupante de la presse quotidienne nationale ». Tout est dit.
En janvier 2009, à l’occasion des Etats-Généraux de la presse, le Président Sarkozy avait, comme ses prédécesseurs, esquivé le problème : sans s’attaquer au monopole et aux privilèges scandaleux du Syndicat du Livre, le chef de l’Etat s’était contenté d’arroser la presse quotidienne d’aides publiques – Subventions, abonnements offerts à tous les jeunes de moins de 25 ans, etc.
Aujourd’hui, on voit le résultat !
*Spéciale dernière. Qui veut la mort de la presse quotidienne française ? , d’Emmanuel Schwartzenberg, paru chez Calmann-Lévy en 2007.
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