Fichage, flicage, racket, corruption… Un spécialiste remet les pendules à l’heure.
Journaliste en presse auto moto et ancien pilote de courses, Jean-Luc Nobleaux livre dans son ouvrage une analyse très critique du système de contrôle automatique qui sévit sur le réseau routier français.
En France, la sécurité routière donne une illusion d’activisme grâce à moult actions soigneusement médiatisées. En réalité, c’est de la poudre aux yeux ! L’auteur a mené son enquête, basée sur des chiffes clairs et des faits, recoupés et rassemblés qui va au-delà de l’aspect « radars ».
Il dénonce un système, ni crédible, ni respectable, ni équitable et même dangereux pour l’avenir. Les radars contrôlent la route, mais demain qui contrôlera ces milliers de boîtes à image sans cesse plus perfectionnées ?
La liberté du citoyen se réduit petit à petit, remarque Jean-Luc Nobleaux, qui dénonce « un Etat qui n’hésite pas à abuser d’un pouvoir sans cesse grandissant » : « Sous prétexte d’écologie, de solidarité, de délinquance, de sécurité routière, que sais-je, l’Etat contraint, surveille et taxe toujours plus le citoyen lambda, puis communique sur des améliorations souvent factices grâce à des chiffres et conclusions plus ou moins bidonnés ».
Ce livre, à contre-courant du discours ambiant, truffé de surprises, d’anecdotes, de chiffres et de vérités qui font grincer les dents, prouve au contribuable-automobiliste qu’une seule chose intéresse l’Etat : son portemonnaie.
Car si quelques mesures se sont avérées efficaces dans le passé, d’autres n’ont jamais prouvé leur impact. Notamment celle mise en place depuis 2003, que l’on pourrait assimiler à une arnaque, combinant mensonge et inefficacité : les radars automatiques.
Un ouvrage franc, un ton accusateur, une critique chiffrée et expliquée, des vérités ravageuses. Un ouvrage « thérapeutique » pour les automobilistes-contribuables rackettés et excédés !
Les chiffres qui tuent
En 2008 on peut estimer que le seul maillage des radars automatiques et son business induit ont rapporté près d’un milliard d’euros à l’Etat.
Les radars se sont multipliés entre 2003 et 2008, passant de 50 radars et 1,6 millions de contredanses à 2 000 radars pour 10 623 573 flashes ! Le but est d’arriver à 5 000 radars en 2012 à raison de 500 nouvelles cabines tous les ans. En 2012 la probabilité moyenne d’avoir de nouveaux points retirés grimpera à près de 80 %.
« La Prévention Routière » au banc des accusés
L’une des plus grosses associations à but non lucratif de France, n’échappe pas à la critique de l’auteur. Cette énorme structure créée par les assureurs est comparée à « une méga-tirelire engloutissant de lourds budgets issus de sociétés d’assurances, des caisses publiques (les impôts) et des stages de récupération de points ». La Prévention Routière représente « un budget de 17 millions d’euros et de grosses sommes qui se perdent en route dans une masse salariale généreuse et des frais divers, si on jette un coup d’œil sur les comptes 2008 » selon Jean-Luc Nobleaux. Une véritable usine à fric qui n’est pas absolument pas contrôlée : « A qui profite le gras ? Et pour quels résultats ? Qui évalue les actions de la prévention routière ? Personne ! »
Les privilégiés montrés du doigt
Les Sarko-boxes (les radars) font exploser le principe pédagogique du permis à points, mais en plus le système demeure inégalitaire. Malgré la « tolérance zéro » prônée au départ par Nicolas Sarkozy, il y a toujours deux poids deux mesures. (…) Si un million et demi de Français d’en bas ont payé leurs amendes automatiques, pour les privilégiés d’en haut rien n’a changé : sur un an, pas moins de 7 000 hauts fonctionnaires et autres diplomates flashé ont fait sauter leurs « prunes » !
Radars, Le grand mensonge
Editions Tatamis
18 euros
Articles similaires :















