« Les Africains de France » : c’est le titre du prochain livre de Jean-Paul Gourévitch*. Il y explique pourquoi les migrants africains choisissent la France comme destination. Bonnes feuilles. (Partie III)
Jean-Paul Gourévitch donne deux exemples de politiques d’intégration : l’éducation et la politique de la Ville.
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Les experts de l’Institut de géopolitique des populations estiment que les surcoûts de l’intégration concernent principalement la sécurité, l’éducation, le logement et la productivité dans le travail.
Ils chiffrent le rattrapage nécessaire à 12 milliards d’euros par an, soit 0,7 % du PIB. Ils plaident pour un moratoire sur les flux migratoires afin de privilégier l’intégration de ceux qui sont déjà présents sur le territoire et de réduire le déficit national. […]
L’éducation : toujours plus
Au chapitre des investissements, les principaux postes de dépenses sont :
• les dépenses spécifiques consenties en matière de carte scolaire, de ZEP, de soutien scolaire vis-à-vis des populations en situation d’échec scolaire ou en difficulté ;
• l’augmentation du nombre d’enseignants, l’accroissement du parc des constructions scolaires, la montée en charge des frais de fonctionnement dus à la présence de 15 % d’élèves issus de l’immigration.
L’évaluation d’Armand et de Gille de 2006 sur les ZEP, qui analyse les résultats jusqu’en 2005, note que le coût est d’environ 927 millions d’euros par an. Elle dénonce l’empilement successif des mesures qui ont abouti à un « résultat incertain », aussi bien dans les performances scolaires que dans le rapport de l’école avec son environnement.
Ces ZEP regroupant deux tiers de personnes d’origine étrangère, le coût imputable à l’immigration est donc, selon nos calculs, de 617,38 millions d’euros, et la part de l’immigration africaine concernant les moins de 18 ans de 530,9 millions d’euros.
Pour l’augmentation des moyens et la taille des classes, ne pouvant prendre en compte les actions de 2007 qui supportent les transferts de charges liés à la décentralisation, nous nous appuierons pour les coûts récurrents sur le budget de 2006. Les c a l c u l s effectués dans notre monographie aboutissent à 130 millions d’euros pour les opérations de soutien et 819 millions d’euros pour l’amélioration du taux d’encadrement, soit un total de 949 millions d’euros.
La part des élèves africains est donc de 129 millions d’euros. Les investissements en faveur des élèves africains représentent globalement 659,9 millions d’euros. […]
La politique de la Ville : pour quels résultats ?
Elle relève de deux formes d’actions volontaristes, celle impulsée par les pouvoirs publics et celle des associations financées par ces mêmes pouvoirs publics. Il existe près de un million d’associations en France, dont 60 % bénéficient de l’aide des pouvoirs publics et en particulier des collectivités locales.
Celles qui se consacrent en tout ou partie à la défense des immigrés ne peuvent être identifiées que par leur nom, leurs objectifs ou leur action lorsqu’elle est connue. En l’absence d’un observatoire des associations que l’État n’a pas créé, nous avions avancé à partir de nos calculs que, hors dépenses de l’Agence nationale pour la cohésion sociale et l’égalité des chances (Acsé) déjà comptées dans le budget de l’Immigration, « le financement par les pouvoirs publics des associations contribuant à l’intégration des immigrés ne paraît pas supérieur à 300 millions d’euros ». Nous ne ferons pas de distinction entre Africains et autres populations immigrées.
La part africaine sera donc de 231 millions d’euros. […] Le rapport de la Cour des comptes de novembre 2007, qui fait un bilan très critique de cette politique, la chiffre à environ 4 milliards d’euros par an pour une trentaine de programmes différents.
D’après nos calculs sur l’année 2005, intégrant l’amendement banlieues voté en janvier 2006 aboutissant à 4,414 milliards d’euros, nous avions conclu que, malgré toutes les critiques que nous pouvions faire à cette estimation, elle pouvait être retenue comme un « ordre de grandeur de la politique d’intégration ».
Cette politique s’appliquant aux plus démunis, aussi bien les nationaux que la population immigrée, nous utiliserons l’indicateur de « pauvreté monétaire » élaboré par l’Insee et fondé sur les salaires corrigés des prestations sociales perçus et des impôts directs versés. […] Aucun indicateur chiffré ne nous donne une mesure de la rentabilité pour l’État de ces politiques d’intégration.
Nous ne pouvons aujourd’hui déterminer s’il y a un mieux-être dans les cités, de quel ordre de grandeur est le retour à l’emploi, dans quelle mesure ces enfants d’immigrés financeront les retraites…
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