Le Cri du Contribuable

Le quotidien de la dépense publique

On se moque des pauvres

Votez !Votez !Votez !Votez !Votez ! (Aucun vote)

En traitant de façon désordonnée la question des SDF, les pouvoirs publics français gaspillent au bas mot 300 millions d’euros par an.

L’exclusion a des dimensions nombreuses : logement, santé, emploi, pauvreté monétaire, troubles de la personnalité ou des rapports humains ; c’est un phénomène naturellement complexe. Mais ce n’est pas une raison, bien au contraire, pour en compliquer le traitement.

La complication de l’aide : 300 milliards d’euros Julien Damon, auteur d’un « Que sais-je ? »  sur l’exclusion, a particulièrement étudié ce qui est fait pour les personnes sans domicile fixe, dites SDF.

Entre les chambres d’hôtel payées par des administrations, les centres d’accueil pour demandeurs d’asile, les centres d’hébergement d’urgence et les CHRS, environ 100 000 places sont disponibles, « avec des modes de gestion et de financement différents et effroyablement compliqués ».

Les crédits d’État affectés à l’urgence sociale et à la réinsertion ont explosé depuis le début du siècle, dépassant le milliard d’euros depuis 2006. Les prestations sociales perçues par les personnes « sans résidence stable », notamment le RMI et la CMU (qui procure l’assurancemaladie gratuite) représentent 400 millions par an.

Si l’on y ajoute les sommes dépensées par les collectivités territoriales et les dons des particuliers, on dépasse largement 1,5 milliard
; Julien Damon écrit même qu’« on peut raisonnablement estimer que les pouvoirs publics dépensent de 2 à 3 milliards d’euros spécifiquement pour les SDF. Cela reste une estimation fragile, mais minimale. »

Combien coûte la complication de l’aide aux SDF ? Bien sûr, son coût est d’abord humain : des dizaines de milliers de personnes qui restent dans la rue, en marge de la société, et dont la probabilité d’insertion diminue avec le temps.

Mais il y a aussi un coût pour le contribuable. 20 000 SDF de moins, objectif raisonnable pour une opération de simplification des procédures et des structures jumelés avec une approche plus professionnelle et moins bureaucratique des problèmes, ce serait 300 millions économisés chaque année.

……………………………..

UN ORGANIGRAMME RÉVÉLATEUR

Le récent (2008) « Que sais-je ? » de Julien Damon sur l’exclusion contient un graphique qui illustre ce qu’il appelle la « bureaucratisation de la lutte contre l’exclusion ».
Il illustre aussi la croissance de la complication dans ce secteur, et l’osmose entre complication et bureaucratisation.
Il s’agit des instances qui, à un niveau départemental, ont été mises en place pour mener ou coordonner la lutte contre l’exclusion et la grande pauvreté.

À défaut d’avoir su créer un guichet unique, ayant mission d’orienter vers l’organisme le mieux à même de l’aider toute personne ou famille en situation de détresse, on est passé en vingt ans d’une instance, la « cellule pauvreté-précarité », à un empilement de 11 instances.

* Tous les sigles présents dans le tableau ci-dessous sont explicités, sauf un : CHRS, qui signifie « Centre d’hébergement et de réinsertion sociale ».

Articles similaires :

  1. France : les pauvres de plus en plus pauvres
  2. Vidéo du vendredi : Canal+ se moque des fonctionnaires
  3. Les contribuables européens vont payer les vacances des plus pauvres
  4. 16 % d’Européens sont pauvres
  5. Climat : aide financière aux pays pauvres

Laissez un commentaire

Le chiffre

14,7 milliards d’euros

C’est ce qu’ont rapporté les contrôles fiscaux à l’État en 2009. Articles similaires :Contrôles fiscaux :...

Archives

Ils ont osé !

« Le bouclier fiscal est une mauvaise réponse à un mauvais impôt, l’ISF »

Jean Arthuis, président de la Commission des finances du Sénat. Articles similaires :Le bouclier fiscal refait...

« Une politique économique de rigueur, c’est une politique où on augmente les impôts et où on baisse les salaires de la fonction publique, ce n’est pas le choix que nous avons fait, mais s’agissant de la dépense publique, [...], oui, c’est une politique de rigueur »

François Fillon (27/07/10). Articles similaires :« Nous n’avons pas l’intention d’imposer aux Français la rigueur »« Aujourd’hui, on a...

« Avec du recul, nous voyons combien le message simplifié à outrance envoyé à toutes les économies développées, sous le slogan : « relancez, stimulez, dépensez ! », était malencontreux »

Jean-Claude Trichet, président de la Banque centrale européenne (BCE), interviewé par le Financial Times le...

Archives
Les conseils fiscaux
Les dossiers du cri papier

Sommaire – Le Cri du Contribuable n° 86-87, Juillet-Août 2010

Georges Tronc reçoit Contribuables Associés – Page 4 Le jour de libération fiscale recule de 13 jours...

Le Cri du Contribuable est une publication de l’EURL le Cri du Contribuable

42, rue des Jeuneurs 75002 Paris - Tél. 01 42 21 16 24 - Fax 01 42 33 29 35

Facebook twitter rss