Le Libre journal des Contribuables de Benoîte Taffin du 10 juin 2008
Ce sont des invités de marque que le Libre journal des contribuables avait à nouveau réuni sur Radio Courtoisie lors de sa dernière édition.
Dans la première partie, Philippe Vitel, député du Var et porte-parole de l’UMP sur le projet de loi de financement de la Sécurité sociale, et Alain Mathieu, président de Contribuables Associés, qui vient de publier « Le modèle anti-social français »
(Éditions du Cri) ont évoqué le système social français. Pour la seconde partie de l’émission, Benoîte Taffin avait réuni Jean-Philippe Delsol, avocat fiscaliste (« Au risque de la liberté », Éditions F-X de Guibert) et Dominique Lansoy (« Ubu Loi », Fayard). Extraits.
Philippe Vitel
« Le budget de la loi de financement de la sécurité sociale (LFSS), c’est environ 430 milliards d’euros : 180 milliards d’euros pour la branche maladie, 180 milliards pour l’assurance-vieillesse, la famille représentant 56 milliards,
et les accidents du travail 11 milliards. Il y a quelques années, ces quatre branches étaient en déficit.
Grâce à la réforme de l’assurance maladie de 2004, nous avons vu s’améliorer la branche. Aujourd’hui, le problème majeur est la branche vieillesse,
que nous devons réformer le plus rapidement possible.
Notre gouvernement a engagé un projet de réforme en ce sens.
D’autre part, des économies considérables sont possibles sur l’hôpital public, qui a fait l’objet d’un rapport accablant de la Cour des comptes.
Pas de gestion analytique des dépenses, pas de centrale d’achats, une masse salariale de 73 % (55 % dans les cliniques privées), etc.
Ce qu’apporte l’hôpital public en matière de soins et de proximité ne justifie pas les 55 milliards d’euros qui sont dépensés par l’État. Une économie de 5 milliards permettrait de résoudre le déficit de l’assurance maladie.»
Alain Mathieu
« Les dépenses sociales forment la part la plus importante des dépenses publiques. Or ce sont les moins étudiées, et celles où les gaspillages sont les plus importants.
Il n’existe pas d’évaluation globale de la politique sociale française, il me semblait important de la faire. Quelques exemples de dépenses sociales qui ne servent à rien :
les aides à l’emploi sont supérieures aux recettes de l’impôt sur le revenu, or ce sont des subventions accordées à des entreprises qui ne créent pas d’emploi, comme l’a montré la Cour des comptes ; les aides au logement, les logements sociaux, les HLM…
sont destinés aux pauvres, mais il y a plus de pauvres dans les logements loués par les particuliers que dans les HLM ; le RMI, et ce n’est pas moi qui le dis mais Martin Hirsch, haut commissaire aux solidarités actives, est plus pénalisant que protecteur.
Même chose pour ce qui est des prélèvements, censés redistribuer les richesses aux pauvres : je montre dans mon livre que c’est l’inverse qui se produit. »
Jean-Philippe Delsol
« La liberté, c’est celle que le Créateur a donnée à sa créature, qui l’a utilisé, à son propre risque.
Tous les jours nous sommes confrontés à des choix, et si nous ne faisons pas le pari de la liberté, nous prenons le risque de l’esclavage.
À tous ceux qui veulent l’entre-deux, un peu d’État et un peu de liberté, je veux leur dire que ça se finit toujours par trop d’État et bien peu de liberté.
Au fond, nous n’avons pas le choix. On ne peut pas vivre la liberté quand l’État contrôle jusqu’à l’ouvrier que vous embauchez.
La liberté de penser elle-même est à l’aune de cette liberté d’entreprendre. C’est un risque quotidien :
chaque homme libre ayant la liberté de faire un faux pas chaque fois qu’il fait un pas. Mais c’est sa décision, et non celle des autres.
La loi est devenue le pourtour où chacun met ses angoisses, en même temps que ses solutions, mais à force de trop demander à la loi, elle devient impuissante.»
Dominique Lansoy
« Nous avons écrit cet ouvrage parce que, moi en tant que praticien du droit et Philippe Sassier comme journaliste économique, avons été totalement affolés par ce que nous observions : même à un haut niveau de connaissance juridique, il est impossible de suivre l’avalanche normative (lois, décrets, arrêtés, circulaires, etc.).
Si on devait impérativement les respecter, les libertés seraient réellement compromises en France.
Une dérive liée notamment à cette tendance à légiférer sur le coup de l’émotion : un fait tragique, des enfants volés ou violés… On légifère ! »
Voir aussi : fête de la Courtoisie – 15 juin 2008
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