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Le scandale des enfants placés en foyers

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» Le mode de vie normal d’un enfant placé hors de sa famille devrait être, selon la déclaration des droits de l’enfant de l’ONU, « une famille d’accueil, capable de lui assurer l’éducation, l’instruction et les relations affectives dont il a besoin ».

L’« assistante maternelle » agréée, choisie et rémunérée par l’administration est donc une meilleure solution que le foyer.
Une solution encore meilleure est le « parrainage » : l’administration n’intervient pas ; une association met en présence l’enfant, ses parents et la famille d’accueil ; ils se choisissent librement ; la famille d’accueil n’est pas rémunérée.

Le parrainage est couramment pratiqué à l’étranger : plus de 500 000 enfants en bénéficient aux États-Unis, 41 000 au Royaume-Uni.
En France moins de 1 500 enfants sont parrainés.

Quand les parents biologiques s’avèrent définitivement incapables d’élever leur enfant le parrainage peut déboucher sur une adoption de l’enfant par la famille d’accueil.
Comme cette famille le connaît bien, les chances de succès de l’adoption sont meilleures.

[…] Les enfants français adoptables sont très rares car « les services sociaux privilégient jusqu’à l’absurde le maintien de liens entre le mineur et ses parents biologiques »
(déclaration au Sénat le 22 juin 2005 de M. Alain Milon, rapporteur de la loi sur l’adoption).
En l’absence de sanctions les « travailleurs sociaux » n’appliquent pas la loi qui les oblige à demander au juge de déclarer l’abandon de l’enfant lorsque les parents s’en sont « manifestement désintéressés » pendant un an.

Le juge Jean-Pierre Rosenczveig a expliqué pourquoi le parrainage ne s’était pas développé en France :
« Malgré la caution apportée par trois ministres […] les professionnels qui ont en charge l’enfant vivent parfois outrancièrement mal une tierce intervention, et se refusent systématiquement au parrainage des enfants qu’ils hébergent.

Bon nombre d’enfants vivant en établissement, qui pourraient bénéficier d’un parrainage, sont ainsi les victimes de ces résistances ».

La garde des enfants est la raison d’être de ces « professionnels ». Ils n’ont aucune envie de voir leur activité diminuer.
Ils refusent donc d’appliquer les instructions ministérielles préconisant de confier à des parrains les enfants placés qui dépendent d’eux.

Ils vont jusqu’à reprendre les enfants placés lorsqu’une « assistante maternelle » fait preuve d’un « attachement excessif » à l’enfant qu’elle garde !

[…] Tirant les leçons d’un rapport de l’administration critiquant fortement les placements en foyers (rapport Naves- Cathala), Ségolène Royal, ministre de la Famille, présenta en mai 2001 au conseil des ministres un plan prévoyant de diminuer de moitié le nombre d’enfants placés en foyers. Contesté par les syndicats ce plan ne fut jamais appliqué.

La satisfaction des exigences des 75 000 personnes qui s’occupent d’enfants « en danger » est prioritaire.

« L’organisation de l’accueil en hébergement est faite d’abord pour privilégier le fonctionnement des professionnels » affirmait le délégué général de l’Observatoire national de l’action sociale décentralisée.
« Les droits de visite et d’hébergement des parents sont plus souvent la conséquence de l’organisation des établissements et des horaires de travail des personnels » constatait le rapport Naves-Cathala.

Le personnel de la PJJ dispose « sans aucune base réglementaire de 24 jours de congé supplémentaires par an » rapportait la Cour des comptes.

« Au Centre de la Ferme de Champagne, dans l’Essonne, c’est un véritable parc de logements (de fonction) « clandestins » qui a été découvert lors du contrôle : 28 personnes en ont bénéficié… » ajoutait-elle.

Dans un rapport de février 2007 sur le suivi de ses recommandations la Cour constatait sur un ton désabusé : « Elle (la Cour) avait relevé (en 2003) l’absence de contrôle du temps de travail dans les services de la Protection judiciaire de la jeunesse.

La sensibilité des personnels sur l’ensemble de ces sujets difficiles mais essentiels ne devrait pas conduire le ministère à les esquiver plus longtemps ».
La France dépense dix fois plus que les États- Unis par tête d’habitant pour la protection de l’enfance, avec des résultats très inférieurs.

Car notre pays applique encore le principe énoncé par Danton : « les enfants appartiennent à l’État avant d’appartenir à leurs parents ».
L’État, ce sont les 75 000 personnes employées à remplacer les parents d’enfants « en danger .

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