Les dirigeants français adorent les institutions internationales. Ainsi, la France dispose-telle du plus grand nombre de représentations dans ces institutions : 17 (États-Unis : 11).
« La France est membre de plus de 150 organisations internationales dont elle doit assurer à ce titre une part du financement (Conseil de l’Europe, ONU, Organisation mondiale de la santé, Bureau international du travail, Tribunal pénal international…) » note le sénateur Adrien Gouteyron dans un rapport (1).
Le chiffre de 150 représentations est probablement en dessous de la réalité. En conséquence, il est difficile de connaître le coût de nos représentations, ainsi que celui des délégations constituées dans le but précis d’assister aux nombreuses conférences et rencontres sur des sujets spécifiques.
En revanche, selon ce même rapport, « les contributions obligatoires de la France aux organisations internationales devraient représenter en 2008, 441 millions d’euros (dont ONU : 118, Conseil de l’Europe : 36, OTAN : 28) auxquels s’ajouteront 395 millions d’euros au titre des opérations de maintien de la paix réalisées dans le cadre de l’ONU ». Au total, 836 millions d’euros.
Or, malgré notre présence dans « 150 organisations internationales », la France, depuis dix ans, a créé, ou suscité la création, de six institutions spécifiques : le partenariat euroméditerranéen, dit processus de Barcelone, le Forum méditerranéen, le dialogue 5 + 5, le dialogue méditerranéen de l’OTAN et, enfin, deux autres plus récentes (2003) et encore plus pléthoriques, l’Assemblée parlementaire euro-Méditerranée (APEM) qui compte 240 membres, et l’Assemblée parlementaire de la Méditerranée (APM) qui compte cinq parlementaires par pays, soit 110 membres.
Selon un rapport de l’Assemblée nationale (2), leur nécessité s’imposait : « L’assemblée parlementaire de la Méditerranée (APM) est issue de la conférence sur la sécurité et la coopération en Méditerranée (CSCM), organe subsidiaire (sic) de l’Union interparlementaire qui a fonctionné de 1992 à 2005.
L’APM a été formellement créée en février 2005 à Nauplie (Grèce) pour la quatrième et dernière CSCM plénière et a tenu sa session inaugurale à Amman (Jordanie) en septembre 2006. » La complexité de ces dispositifs implique évidemment un tourisme intense !
Las ! Le millefeuille n’était pas complet. Le quotidien La Provence du 30 mars annonce que « Marseille proposera, en collaboration avec la région PACA, le 1er Forum des autorités locales et régionales de la Méditerranée les 22 et 23 juin 2008 ».
Le but, pompeux et démesurément ambitieux, est de « faire des propositions pour mettre en oeuvre un développement humain harmonieux et durable en Méditerranée », ce qui, traduit en termes plus concrets par le président de la région PACA, Jean-Michel Vauzelle, devient « un véritable plan Marshall ».
« Véritable », car il n’est pas question de mégoter !
(1) Rapport d’information fait au nom de la commission des finances du Sénat, n° 24 (2007-2008), 9 octobre 2007. (2) Rapport d’information n° 449, Assemblée nationale, décembre 2007.
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C’est Michel Vauzelle ! Et non Jean-Michel… Je vois bien là un travail de fond! Ah c’est moins simple que d’aller au raccourci un peu facile et habituel…