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Squat, mode d’emploi

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Au mois d’avril, Thomas et Florence * achètent un petit appartement dans le nord de Paris pour le mettre en location. À cette fin, ils ont contracté un emprunt qui couvre la totalité de l’acquisition.

Les remboursements seront en partie financés par le montant du loyer.
Cinq jours après l’acquisition, ils se rendent sur place et constatent que la serrure a été changée.

Pénétrant dans leur nouvel appartement, ils tombent nez à nez avec deux inconnus. Surprise, demandes d’explications.
Les deux hommes se récrient : ils connaissent « le vrai propriétaire », la preuve : voici les documents ! Et l’un d’eux d’appeler la police sur son portable.

Preuve de sa bonne foi… Arrivés sur les lieux, les policiers procèdent à un contrôle d’identité, examinent les différents documents et comprennent très vite à qui ils ont affaire.
Les occupants des lieux sont des squatters et leurs documents sont des faux. Les deux hommes cherchent alors à prouver qu’ils sont dans les lieux depuis plus de 48 heures.
Manifestement ils connaissent le droit…

« Vous avez deux jours pour déménager, répondent les policiers. Nous revenons après-demain lundi à 12 heures pour constater votre départ, ou, le cas échéant, pour vous arrêter. »

Rassurés par ces mâles propos, Thomas et Florence s’en retournent.

Sous bonne garde. Lundi, 10 heures . Thomas appelle le commissariat. C’est la douche froide : il est impossible d’intervenir, lui dit-on, il faut saisir la justice.
Thomas a beau tempêter, insister, rien n’y fait.
D’un ton comminatoire, on lui égrène ses devoirs : vous n’avez pas le droit de pénétrer dans les lieux, ni de changer les serrures, ni de couper l’électricité ; s’il y a un incendie, c’est vous qui êtes responsable, etc.

Abasourdis, Thomas et Florence font appel à un avocat. Le greffe du tribunal d’instance de l’arrondissement est contacté le 4 mai pour obtenir une date de comparution en référé : aucune disponibilité avant le 27 septembre, cinq mois plus tard !
Ils décident alors de saisir le juge au fond. L’audience est fixée au 4 septembre…
En attendant, le couple a commencé de payer ses mensualités, découvrant le statut de vilain propriétaire…

Une découverte de plus. Au cours de leurs conversations avec les policiers, ils ont appris que les squatters étaient en situation irrégulière, qu’ils avaient été plusieurs fois condamnés pour violences et squat (en France et à l’étranger), et qu’ils animaient un réseau de prostitution entre la France et l’Afrique.

* Les prénoms ont été changés.

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Le chiffre

9,3 %

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