Le Cri du Contribuable

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Sarkozy en liberté surveillée – par Jacques Garello

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Quand je dis que notre nouveau président est en liberté surveillée, je veux suggérer que sa liberté de manoeuvre n’est pas aussi grande qu’il le voudrait ou qu’il n’y paraît.

C’est un dommage, dans la mesure où il se propose de réformer profondément et rapidement quelques aspects de la société française. C’est aussi un garde-fou dans la mesure où certaines des mesures qu’il envisage ne me semblent ni souhaitables ni réalistes.

Commençons par regarder du côté des « enrayeurs », comme disait Bastiat. Ils sont nombreux à infliger au pays depuis des années la « tyrannie du statu quo », et à rendre impossible toute évolution, même légère, de notre pays.

Au premier rang des enrayeurs viennent les syndicats, et parmi eux en priorité la CGT, FO, SUD, la FSU, etc. La gauche a promis comme à son habitude un « troisième tour social », voire un quatrième après les élections législatives. Sarkozy aura-t-il le même courage que Silvio Berlusconi face à la manifestation d’un million de syndiqués après son élection ?

Il faut donc aller à la racine du mal et mettre fin à la puissance syndicale factice, qui n’existe que par les textes qui confient à une infime minorité le droit de parler au nom de tous les salariés , et qui ont laissé la grève sans aucun encadrement juridique.

Supprimer l’oligopole syndical, le monopole de représentation, les accords de branche, encadrer la grève, l’interdire dans les services publics : voilà autant de préalables à toute réforme sérieuse. On va mesurer très vite la détermination et l’efficacité du président, de son gouvernement et de sa majorité à l’occasion du « service minimum ».

Je me tourne maintenant vers ces garde-fous qui devraient dissuader Nicolas Sarkozy d’aller plus loin dans certains de ses projets. Le plus important d’entre eux est la réalité économique, et le nécessaire respect des droits individuels.

À l’époque de l’espace mondialement ouvert, les gouvernements, et même celui de la France, ne peuvent se permettre d’ignorer les défis de la compétitivité, la nécessité de la capitalisation, l’impératif de la formation des hommes, de leur bonne éducation.

Si Sarkozy prêche pour le travail, il doit admettre aussi l’exigence de qualité dans le travail, et l’honnête complémentarité entre travailleurs du monde entier.
Il est inutile de brandir le spectre du « dumping », social ou fiscal : chacun doit faire de son mieux et s’aligner sur ce que les autres font de mieux. Et il est néfaste de porter atteinte à ce qui fait le dynamisme d’une nation : le respect des droits individuels, et notamment du droit de propriété, bien mis à mal par les « droits opposables » qu’on nous invente.

Ainsi Nicolas Sarkozy sera-t-il bien vite soumis à une double contrainte : la contrainte interne de ceux qui s’opposent à tout changement, la contrainte externe qui dicte le sens du changement à réaliser.

Il devra s’efforcer de se libérer de celle-là, et de s’accommoder de celle-ci. Sans cela il se condamne à l’immobilisme, mais il nous condamne aussi à un nouveau déclin.

Voir également :

http://www.libres.org dirigé par Jacques Garello

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