Il n’y a pas que la Cour des comptes qui audite les finances publiques. Depuis dix-huit mois, Bercy a entrepris de passer au scanner la gestion des deniers de l’État. Ce sont les « audits de modernisation ». À ce jour, la moitié du budget de l’État a été auditée. On ne saurait trop louer, dans ces pages, le zèle du gouvernement en matière de vérification des dépenses.
Toutefois Jean Arthuis, président de la commission des finances du Sénat, est venu doucher l’enthousiasme officiel en signant un rapport consacré à ces fameux audits (1). Tout en reconnaissant l’« effet modérateur » des audits sur l’évolution des crédits du budget de l’État, le sénateur pointe la « qualité inégale » des travaux, regrettant leur manque de précision et de suites concrètes.
Il observe en particulier que moins de la moitié des audits font l’objet de « préconisations chiffrées », contrairement au « principe posé par la circulaire relative aux audits de modernisation qui prévoyait une évaluation concrète des gains de productivité espérée ».
Il constate aussi les effets pervers de « l’auto-évaluation ». Ces audits sont le fait d’inspecteurs de l’administration. Ils ne sont donc pas trop méchants et restent toujours dans le cadre intellectuel de l’État touche-à-tout et dépensier.
Par-dessus tout, Jean Arthuis regrette qu’« aucun audit transversal n’ait encore été consacré aux règles de rémunération, de temps de travail, de gestion des corps et des carrières, à la démographie du personnel et de la fonction publique de l’État ». Lacune regrettable, déplore le rapporteur, quand on sait que « la masse salariale constitue le premier poste budgétaire de l’État et que son inflation n’est aujourd’hui pas maîtrisée ». Il y a des tabous qu’on ne transgresse pas, au ministère des Finances…
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