La faiblesse financière chronique des syndicats, qui les oblige à quémander de l’argent un peu partout, n’est compréhensible que si on la replace dans son contexte. Celui-ci est archiconnu : c’est le très faible taux de syndicalisation des salariés français – environ 8 %, dont la moitié dans la fonction publique. Le chiffre le plus faible des pays industrialisés. Cette exception bien française ne doit rien au hasard, et tout à l’absence de vraie représentativité des organisations syndicales (elle en est aussi la cause). Le rapport Hadas-Lebel, de façon très fouillée – et sur un ton très mesuré – fait le point sur cette question. Il note le « caractère daté, voire (…) obsolète, du dispositif en vigueur ». Parmi les critères officiels de représentativité (fixé par un texte de 1950) figure… l’attitude pendant l’Occupation. Légitime souci au sortir de la guerre, sans aucun doute. Le rapport propose de remplacer ce critère par le « rejet de l’action violente ». Seule la CFTC a fait connaître son accord, à ce jour. Les autres syndicats seraient-ils donc favorables à l’action violente ?
Raphaël Hadas-Lebel suggère également que la représentativité soit périodiquement réévaluée, et qu’elle soit liée aux résultats électoraux des syndicats, à tous les niveaux. À moins d’un an d’échéances électorales décisives, il y a peu de chances que ces propositions de bon sens se traduisent immédiatement dans les faits. Mais elles ont au moins le mérite de poser des jalons pour l’avenir. o
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